Un cout scandaleux!


Dans notre Bulletin 1993, nous publions le résumé d'une étude importante traitant du lien entre l'alimentation du nourrisson et l'otite moyenne chronique. Dans un autre article de notre Newsletter du printemps 1993, nour posions des questions au sujet du coût de ce trouble infantile si répandu en Amérique du Nord. Le docteur Jack Newman, du programme de soutien à l'allaitement au Hospital for Sick Children de Toronto, a décidé de relever notre défi et de déterminer les frais associés à cette affection, en Ontarion seulement. Il a ensuite communiqué ses découvertes à INFACT dans une lettre adressée à Ruth Grier, ministre provinciale de la Santé.

 

...vous trouverez, ci-joint, un article traitant de l'otite moyenne et indiquant que les nouveau-nés allaités sont protégés de ce problème médical commun - et par surcroit très coûteux. Contrairement à la plupart des études concernant l'allaitement maternel et l'otite moyenne, celle-ci a été bien faite. Elle démontre qu'à l'encontre des enfants nourris autrement, les enfants nourris exclusivement au sein pendant quatre mois connaitront deux fois moins d'incidence d'otite moyenne pendant les six premiers mois de leur vie. Cette étude a également relevé une réduction de 40% des cas d'otite chez les enfants nourris partiellement au sein. Il semble que cette forme d'alimentation joue également un rôle dans la réduction des occurrences de l'âge de 6 à 12 mois. Je tiens a souligner qu'il y a un lien tres évident entre une manifestation d'otite moyenne avant l'age de six mois et l'otite moyenne chronique qui peut entrainer la perte d'ouïe, les troubles du langage ainsi qui l'amygdalectomie, l'adénoïdectomie et l'insertion de tubes dans les membranes du tympan. Je ne sais pas si vos conseillers politiques ont déjà considéré les économies que le gouvernement pourrait réaliser en réduisant de moitié les interventions chirurgicales nécessaires à l'insertion de tubes. De même, savez-vous que votre gouvernement pourrait très aisément réduire de 25% l'incidence d'otite moyenne durant la première année de la vie?
Il y a environ 150 000 naissances par année en Ontario.
Les études suggèrent qu'environ 60 à 75% des enfants auront au moins une crise d'otite moyenne dans l'année suivant leur naissance.
Ces études indiquent aussi que 15 à 20% des nourrissons auront au moins 3 occurrences d'otite moyenne avant l'âge d'un an.
Cela signifie qu'il y a environ 150 000 cas d'otite moyenne parmi les enfants ontariens chaque année )et c'est là une estimation très modérée).
Chaque visite chez le médecin coûte 20 $ au système de la santé (plus qu'une visite chez un généraliste mais moins qu'une visite chez le pédiatre ou en salle d'urgence où un gros pourcentage des enfants se retrouve).
Je crois qu'une ordonnance moyenne pour une infection de l'oreille s'élève à environ 30 $ (la facture la plus basse étant de 15 $ et la plus dispendieuse de 50 $).
Les frais associés au traitement d'une crise aiguë d'otite moyenne doivent être aux environs de 20 $ X 150 000 + 30$ X 150 000 pour un total de7 500 000 $. En admettant que le gouvernement ontarien paie 10% des médicaments, cela signifie que le gouvernement défraie 3 450 000 $ par année.
L'allaitement exclusif pendant 4 mois permettrait une réduction des frais de 25% (une estimation tès conservatrice), soit de 862 000 $ par année.
Cette évaluation est plus que modeste et ne comprend même pas la réduction des frais associés à la diminution des cas d'otite moyenne récurrente ou chronique, des troubles du langage et des problèmes académiques. Cette estimation ne tient pas compte non plus du temps que les parents perdent en heures de travail et de l'achalandage des salles d'urgence, ni du fait que les enfants qui souffrent d'infection aux oreilles tendent à rendre plus souvent visite au méecin, et encore moins de tous les autres troubles médicaux associés à l'alimentation artificielle du nourisson.

L'équipe de l' the 5th estate (22 février 1994) a étudié la controvwerse médicale entourant les ordonnances systématiques d'antibiotiques pour traiter l'otite moyenne. Son estimation des frais annuels an antibiotiques pour ce seul trouble médical au Canada étaient de 100 000 000 $, un montant de 4 à 5 fois supérieur à celui donné par le docteur Newman. Quel que soit le traitement, le meilleur ou le moins dispendieu, la prévention demeure la meilleure solution. Un enfant qui n'a jamais souffert d'otite ne peut que s'en porter mieux et ne saurait souffrir des séquelles de la maldie ou de son traitement.

 


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